Exploitation des forêts classées de Ziama (Préfecture de Macenta) et de Diécké (Préfecture de Yomou).

Situées en région forestière, Ziama (112.300 ha) et Diécké (64.000 ha) constituent deux des plus grandes forêts de la République de Guinée, (DNEFG, 2017). Elles sont les deux plus importantes du pays et ont bénéficié respectivement en 1943 et 1945, en raison de leur importance, du régime de protection spéciale, appelé forêt classée de l’État.

Considérée depuis 1932 par l’administration coloniale comme une réserve naturelle, la forêt Ziama, a été érigée en 1980, en réserve de biosphère universelle par l’UNESCO.

Le site compterait plus de 1.300 espèces végétales. Un havre de paix pour pas moins de 547 espèces animales, dont 22 espèces protégées par la convention CITES pour le respect de laquelle la Guinée est un mauvais élève. Selon un vieux recensement daté de 2004, on dénombrait 214 éléphants, y compris le fameux éléphant nain d’Afrique.

Malgré qu’elle soit liée par toutes ces conventions internationales, la République de Guinée n’affiche pas une réelle volonté en matière de protection de l’environnement. En effet, depuis quelques années, nous assistons à une forte dégradation du milieu naturel guinéen, en particulier, les forêts. Impuissant ou complice, l’État assiste à ce spectacle. Les arbres se coupent à longueur de journée le long des cours d’eau, dans la savane et dans la région forestière. Ce qui entraîne automatiquement l’assèchement des cours d’eau, avec tous les risques que cela comporte.

Comme pour dire que ce n’est pas une préoccupation, et allant contre toutes les conventions auxquelles elle est partie, ainsi que contre les textes internes, L’État guinéen a procédé, le 5 Avril 2002, à la signature d’une convention avec la société COUJI CORPORATION, relatives à l’exploitation d’un complexe industriel de transformation de bois à N’Zérékoré. Cette convention, ratifiée et promulguée le 21 Juillet 2005 (L/2005/016/AN) porte sur l’exploitation des forêts classées de Ziama (Préfecture de Macenta) et de Diécké (Préfecture de Yomou).

Cette convention, signée sans associer les populations locales, s’est heurtée à une opposition de celles-ci qui voyaient en elle une menace grave à leur environnement. Cependant, à la stupéfaction générale des populations guinéennes, un décret est pris en 2015 par le Président de la République en vue de la mise en œuvre de la convention signée en 2002 et ratifiée en 2005. (Voir référence : décret 132/2015/PRG/SGG du 24 Octobre 2015).

Cette volonté affichée de l’État, garant de la protection de l’environnement pour le bien-être de sa population actuelle ainsi que des générations futures, est perçue comme un crime contre l’environnement et une haute trahison du Président de la République. (Voir article 119 de la constitution).

Conscient de ce besoin urgent de protéger l’environnement ;

Considérant que l’État guinéen, est partie à des conventions internationales sur la protection de l’environnement ;

Considérant que les textes juridiques nationaux exigent de l’État qu’il veille à la protection de l’environnement ;

Considérant que les activités de la société forêt forte causeraient plus de conséquences néfastes aussi bien sur l’environnement, que sur les conditions de vie des populations guinéennes ;

Convaincu que l’exploitation de la forêt Ziama aurait un impact sur le microclimat de la Guinée, ce qui entrainerait la baisse de la pluviométrie sur l’étendue du territoire national, conséquences : la sècheresse, la désertification ;

Sachant que cette exploitation mettrait en danger la vie des espèces animales menacées de disparition vivant dans ces forêts ;

✋Collectif Touche Pas À Ma Forêt✋ lance un appel :

  • aux autorités guinéennes, particulièrement au Président de la République, le Professeur Alpha Condé, de procéder à l’annulation pure et simple de cette convention qui n’apporte rien comme positif aux objectifs de développement socio-économiques et durables.
  • aux institutions nationales et internationales intervenants dans la protection de l’environnement, particulièrement à L’UNESCO,
  • aux ambassades accréditées ;
  • aux organisations régionales ;
  • à la société civile, aux organismes et associations guinéens de défense et de protection de l’environnement, qu’il en va de l’intérêt et de la survie de nos populations actuelles, ainsi que des générations futures. Il est donc urgent d’intercéder auprès du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, afin qu’il puisse annuler ce que nous considérons comme crime contre l’environnement guinéen et par extension contre l’humanité.

✋Collectif Touche Pas À Ma Forêt✋ (CTF)

Adresse : Ratoma/Conakry-République de Guinée

Tel : 00224 628 450 345/ 628 520 208/624 69 54 15

Email : ctfguinee@gmail.com

Recours administratif contre le Gouvernement de la République de Guinée pour annulation du contrat d’exploitation des Forêts Classées de Ziama et de Diécké par la Société FORÊT FORTE.

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